Page 149 - Les merveilles de l'industrie T1
P. 149
144 MERVEILLES DE L’INDUSTRIE.
On fond et on brasse le crown comme le de courbure particulier pour donner un verre
finit. Les brassages, le refroidissement, le de chaque numéro. On sait que la courbure
réchauffage, puis les nouveaux brassages, des verres est graduée de manière à offrir
jusqu’à ce que le verre s’épaississe, présen 22 numéros: les plus élevées représentent
tent, sauf les intervalles de temps, qui sont un les courbures les moins prononcées, et par
peu différents, les mêmes phases.
Telle est la manière de préparer les verres
qui doivent servir à tailler les lentilles des lu
nettes astronomiques et des objectifs pour les
chambres obscures à l’usage des photogra
phes.
Nous ne saurions entrer ici dans le détail
des opérations par lesquelles les opticiens
taillent ces verres, pour en faire les grandes
lentilles à l’usage des télescopes astrono
miques. Contentons-nous de dire que ce tra
vail se fait sur des bassins d’acier, convexes Fig. 99. — Bassin et calotte pour fabriquer les verres
de lunettes.
ou concaves, et que l’artiste a pour mission
d’exécuter rigoureusement sur le disque de conséquent, les lunettes les plus faibles.
flint et sur celui de crown, les courbures Nous représentons ici (fig. 100) l’établi du
que le physicien a calculées pour la réali fabricant de lunettes. On voit qu’il se com
sation de l’achromatisme. pose d’une manivelle, M, que l’ouvrier tourne
de la main gauche, et qui, au moyen d’une
Besicles. — 11 nous reste à traiter de la fa poulie et d’une courroie, fait tourner le bas
brication des verres que les opticiens destinent sin ou calotte, G. L’ouvrier fait tourner sur
simplement à faire des lunettes de presbyte son axe le bassin ou la calotte, et il présente
et de myope, c'est-à-dire à parler des be à l’outil en mouvement le verre qu’il s’agit,
sicles. d’user.
Le verre des besicles est le crown-glass. En 11 y a plusieurs temps dans cette opération.
effet, le cristal, ou le verre à vitres ordinaire, Le premier consiste à donner au verre une
décomposeraient la lumière, et fatigueraient courbure grossière, qui se rapproche du nu
la vue, au lieu de la reposer. méro proposé. On use le verre sur une
Les tailleurs de verres de lunettes achètent balle de fonte avec du grès mouillé : c’est le
le crown-glass aux fabricants, sous la forme dégrossissage du verre.
de lames rondes ou ovales de différentes épais Le second temps de l’opération se fait
seurs, et dans leurs ateliers ils en font des len sur une seconde balle d’une courbure plus
tilles planes, concaves, convexes, ou planes rapprochée de celle qu’on veut atteindre.
d’un côté et concaves ou convexes de l’autre. On se sert d’émeri pour cette opération.
L’usure de ces petits disques se fait sur des Le verre étant ainsi apprêté, on le fixe au
calottes, ou petits bassins de fonte ou de moyen d’un mastic, sur un petit bouchon en
cuivre, que nous représentons ici (fig. 99). liège, nommé molette, et on doucit sa surface
On appelle balle la calotte B, et bassin la par de l’émeri fin.
cavité A. C’est sur ces surfaces que l’on use les Le verre étant douci, il reste à le polir.
verres, par l’intermédiaire de l’émeri mouillé. C’est ce que l’on fait en le promenant sur la
Chaque balle et chaque bassin a un rayon balle, préalablement recouverte d’une feuille

