Page 15 - Les mémoires du curé du maquis Des Glières
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AVANT-PROPOS                   II

                Situons d'abord le  Petit Bornand qui étage  ses  hameaux
           à flanc  de  montagne de  part et d'autre de  la  pittoresque  vallée
           du  Borne,  qui  s'y  élargit  en  une  sorte  de  cirque  central  où
           l'on entre  et  d'où  l'on  sort  par deux étroits  goulets  s'ouvrant
           l'un sur la  vallée de  l'Arve à Saint  Pierre  de  Rumilly,  l'au-
           tre sur la  Vallée de  Thônes à Saint Jean de Sixt.
                Cette  petite  commune  d'un millier  d'habitants  défrichée
           et  développée  par  les  M aines  de  l' Abbaye  voisine  d' Entre-
           mont,  fut  autrefois  un  bénéfice  ecclésiastique  dont  les  béné-
           ficiaires  étaient nommés  par  Rome  sur proposition de  l' Evé-
           que du  lieu.  C'est à ce titre que la  Paroisse du Petit Bornand
           peut  s' ennorgueillir d'avoir eu  Saint François  de  Sales  pour
           Curé pendant un an, du 30 juin 1597 au 17 juin 1598.
                A ujourd'Nii  ses  habitants  vivent  surtout  des  produits
           de  l'élevage,  de  la  transformation du lait et  de  l'industrie du
           Bois.  L'été, de  nombreux estivants y viennent goûter le  calme
           apaisant,  l'air  tonifiant  et  la  fraicheur  verdoyante  de  ses
           montagnes.  C'est parmi elles que se trouve le  Plateau de  Gliè-
           res  et  le  village  du  même nom,  détruit  par les  Allemands en
           Mars  1944.
               Il convient même de  bien préciser au début de ce récit que
           Glières  n'a jamais été une montagne  déserte  dont  ses  voisins
           aur(Jient  pu  se  disputer  la  possession.  Son  vaste  plateau  a
           toujours  fait  partie du territoire  du  Petit Bornand.  Les cha-
           lets  construits sur ce  Haut-Seuil par les  Petits Bornandins y
           ont  abrité  jusqu'à  près  de  cent  cinquante  habitants  et  le  ha-
           meau  jusqu'à  1937  y  avait une institutrice détachée.  Une  di-
           zaine  de  familles  y  habitaient encore  lors  des  événements  que
           nous  allons  raconter.  Elles  ont  souffert avec  le  Bataillon  de
           Glières  ; il est juste que nous leur donnions leur place dans la
           bataille contre l'occupant.
               Mais  après  nous  être  orientés  dans  l'espace,  orientons
           nous dans le temps, avant d'entrer dans le  vif du sujet.
               Après l'Armistice de  Juin 1940, la  Population du  Petit
           Bornand  s'était  remise  au  travail  bien  qu' accablée  et  dans
           l'attente de ses vingt sept prisonniers.
               Lorsque  fut  constituée la  Légion des Combattants, tous y
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