Page 16 - Apiculture Moderne
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12 ROLE DE L'ABEILLE.
matière visqueuse au moment de sa maturité, et qu’une ouvrière
dans le même voyage ne visite ordinairement qu’une seule espèce
de fleur, soit qu’elle récolte du pollen, soit qu’elle récolte du miel.
Divers auteurs ont constaté qu’une abeille visite en moyenne
deux cent'cinquante fleurs par heure. Si l’on considère qu’elle
butine pendant huit heures par jour environ, et que chaque
ruche compte au moins quarante mille abeilles, on se rendra faci
lement compte de l’importance de leur intervention dans la fécon-
dation, en admettant même
qu’une petite partie seulement
des fleurs visitées soit ainsi
fécondée.
Quant aux récolteuses de miel,
elles sont presque toujours obli
gées de pénétrer dans la fleur
pour atteindre avec leur trompe
les nectaires, généralement pla
Fig. 3. — Fleur cés au fond de la corolle ‘fig. 2,3);
Fig. 2. — Abeille de sauge coupée
récoltant le miel pour montrer les c’est à ce moment que le pollen
dans une fleur de nectaires. s’attache à leurs poils, pour être
sauge.
n- Nectaires. ensuite transporté dans d’autres
a. Anthère de l’éta ét. Étamines.
mine. a. Anthères. fleurs dont elles opèrent la fé
si. Stigmate du pis p. Pistil.
til. si. Stigmate. condation comme les récolteuses
de pollen *. Parfois aussi, dans
les fleurs où elles ne peuvent pénétrer, on les voit puiser le miel
par une ouverture percée à la base de la corolle, ouverture pra
tiquée par les bourdons (fig. 4), dont les mandibules sont plus
fortes que les leurs.
Les abeilles viennent encore en aide à l’agriculteur en s’oppo
sant à la multiplication de certains insectes. On croit avoir
constaté qu’elles empêchent le développement de Yanthonome, cet
ennemi si redoutable des pommiers. On assure qu’en butinant
elles font tomber l’œuf déposé par la femelle au milieu de la fleur
1. Il semblerait d’ailleurs qu’un grand nombre de fleurs aient été construites
pour être fécondées par les insectes et surtout par les abeilles; mais nous ne
pouvons nous étendre davantage ici sur ce sujet, malgré l’intérêt qui s’y
attache.