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paraître, emportés par des maladies contractées dans les
camps de concentration ou le maquis.
Cependant, les patriotes conscients et à leur tête les ou-
vriers, ne tardent pas à s'organiser en Haute-Savoie, comme
dans la France entière. Beaucoup vivent illégalement depuis
un an. C'est le 26 octobre 1940 que Georges Marrane, affublé
d'une barbe respectable, vient à Annecy prendre contact avec
Hubert-Albert Mugnier. C'est grâce à cette liaison que l'orga-
nisation clandestine en Haute-Savoie prend de l'ampleur, et
diffuse à l'occasion du 11 Novembre de nombreux tracts ro-
néotypés à Annecy et Annemasse, appelant les Savoyards à la
lutte contre les soldats italiens, dont nous reproduisons ci-
après le texte :
Savoyards d'abord
Français toujours
Italiens jamais
TELLE EST NOTRE FIERE DEVISE.
« Paysans de nos montagnes, ouvriers, et vous tous Sa-
voyards, n'êtes-vous pas soulevés de dégoût en assistant à la
ruée sur notre sol des maudits « pioulet » ...
« lis n'ont pas réussi à faire reculer d'un pas nos vaillants
bataillons alpins, mais profitant de la trahison de nos chefs
militaires, ils nous ont asséné le classique coup de poignard
dans le dos.
Ils ne sont pas vainqueurs.
Pour nous ils ne seront jamais des soldats, mais des vaga-
bonds à la solde de leur César de carnaval.
« Unissons-nous pour les chasser.
« La Savoie restera française. »
Mais déjà la répression se fait sentir.
Mugnier échappe de justesse à une arrestation, quitte la
région. C'est Fernand Vigne, actuellement secrétaire général
de l'Association Nationale des Anciens F.T.P.F., Alfred Mar-
tin, ouvrier des P.T.T. d'Ugine, et Jean Vittoz, préparateur
en pharmacie à Annemasse, qui prennent en main la direction
du P.C. en Haute-Savoie. Le second ne resta pas longtemps
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