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« grouillent  dans  les  Chamhres,  les  Ministères  et  jusqu'à
           « l'Etat-Major  et  leur  appliquer  1111  clu1timent  exemplaire.
              « 4°  Ces  premières  mesures  créeraient  l'enthousiasme  po-
           « pulaire  et  permettraient  une  levée  en  masse  qu'il  faut  dé-
           « créter  sans  délai.
              « 5°  Il  faut  armer le  peuple et  faire  de  Paris  une  citadelle
           « inexpugnable. »
               De  Londres,  le  général  de  Gaulle affirme,  en  juin,  gue  « si
           la  France a  perdu  une  bataille ; elle n'a pas perdu la  guerre».
               Et  de  Paris,  une  proclamation  signée  de  Maurice  Thorez
           et Jacques  Duclos,  appelle  les  patriotes à  la  Résistance  :  « La
           France,  encore  toute  sanglante,  veut  vivre  libre  et  indépen-
           dante.  Jamais  un  grand  peuple  comme  le  nôtre  ne  sera  un
           peuple  d'esclaves.  C'est  dans  le  peuple  que  résident  les
           grands  espoirs  de  la  Libération  Nationale  et  Sociale.  Et  c'est
           autour  de  la  classe  ouvrière  ardente  et  généreuse,  pleine  de
           confiance  et  de  courage,  que  peut  se  constituer  le  Front  de
           la  Liberté, de  I' Indépendance et la  Renaissance de la  France. »
              Dès  l'automne  1940,  effectivement,  les  premiers  noyaux
           de  Résistance  s'organisent.
               En  Haute-Savoie,  le  Parti  Communiste  (dont  on  ne  dira
           jamais  assez  le  rôle  déterminant  dans  la  formation,  la  direc-
           tion  et  le  recrutement  des  Francs-Tireurs  et  Partisans  Fran-
           çais)  met en  place ses  premiers  « triangles » clandestins,  mal-
           gré  la  répression  qui,  dès  septembre  1939,  sous  Daladier,  a
           décimé  les  cadres  du  mouvement  ouvrier,  dont  les  meilleurs
           militants  ont été  confinés,  durant  ,<  la  drôle  de  guerre »,  dans
           les  compagnies  spéciales  puis  internés  dans  le  Midi  de  la
            France.  Nombre  de  ceux-là  mêmes  qu'on  avait  tolérés  dans
           les  rangs  de  l'armée,  sont  arrêtés  aussitôt  après  l'armistice
           et  enfermés  dans  les  camps  de  Fort-Barreaux,  Chibron,
            Saint-Sulpice,  etc ...  où  allaient  les  rejoindre  les  militants  qui
            n'avaient pas été  mobilisés,  tels ce vieux  militant de I' A.R.A.C.
            de Fa verges, le père Thorens, blessé de la guerre  1914-18, âgé
            de  plus  de  60  ans,  le  jeune  François  Governatory  qui  n'avait
            pas fait  de  service  militaire,  tous  deux  devaient  plus  tard  dis-
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