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litarisation tolérée de la rive gauche du Rhin, la démission
du ministre Chautempl- le jour de I' Anschluss, la non-inter-
vention au bénéfice de Franco, Munich, le sabotage du pacte
d'assistance mutuelle avec !'U.R.S.S., la dissolution du Parti
Communiste, et l'emprisonnement de nombreux de ses mili-
tants, la poursuite des militants ouvriers en général, tout
s'enchaîne et s'explique: La France est livrée au fascisme.
Cependant d'admirables sursauts patriotiques prouvent
combien sont grandes les capacités de notre peuple. Sur le
front des Alpes, en particulier, les hommes de Mussolini es-
suient de sanglants échecs. Les meilleures troupes du fas-
cisme italien ne parviennent pas un seul instant à entamer
nos lignes. Les Savoyards de nos glorieux bataillons chas-
.seurs alpins infligent à un ennemi très supérieur en nombre
une défaite militaire de grande envergure. Mais la trahison
fasciste suit son cours. Le traître Pétain impose à la France
un armistice honteux.
La France est coupée en deux zones. La méprisable armée
fasciste italienne occupe notre frontière des Alpes, les com-
missions d'armistice de Mussolini foulent notre sol. Nos
chasseurs savoyards doivent abandonner à l'ennemi des po-
sitions qu'il n'a pu conquérir par les armes. Pétain nous fait
connaître la pire humiliation de notre histoire.
Mais dé_ià la voix de la France invaincue s'élève. La direc-
tion du Parti Communiste clandestin fit parvenir vers la fin
mai au Gouvernement la note suivante :
« Le Parti Communiste considérerait comme une trahison
« d'abandonner Paris aux envahisseurs fascistes. Il considère,
« comme le premier devoir national, d'organiser sa défense.
« Pour cela il faut :
« 1° Transformer le caractère de la guerre, en faire une
« guerre nationale pour /'indépendance et la liberté.
« 2° Libérer les députés et militants communistes, ainsi
« que les dizaines de milliers d'ouvriers emprisonnés et in-
« ternes.
« 3° Arrêter immédiatement les agents de l'ennemi qui
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