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Quoi  qu'il  semblât  à  certains  esprits  pusillanimes,  c'était
           aussi  la  meilleure  façon  de  sauver  des  existences.  Lisez,  au
           chapitre  7,  la  triste  aventure  du  Plateau  des  Glières,  si  sem-
           blable  à  la  triste  aventure  du  Vercors,  à  la  triste  aventure  du
           Mont-Mouchet,  et  à  d'autres  encore  !  Plus  de  300  braves
           furent  héroïquement  mis  hors  de  combat,  victimes  d'une  con-
           ception  militaire  surannée,  qui  n'avait  pas  su  s'adapter  aux
           réalités  de  la  guérilla.  Pendant  ce  temps  nos  maquis  à  nous,
           petits  et  mobiles,  étaient  eux  aussi,  rudement  attaqués ;  ils
           avaient  des  morts  eux  aussi ;  mais  ils  n'étaient  jamais  com-
           plètement  anéantis,  et,  tout  en  se  dérobant,  infligeaient  à
           l'ennemi  de  telles  pertes  que  fa mais  il  ne  pouvait  avoir  le
           sentiment  d'une  victoire.
              Quant  aux  résultats,  ils  ne  doivent  pas  être  so11s-estimés,
           et  les  auteurs  ont  eu  raison  de  réunir,  en  une  annexe  instmc-
           tive,  tous  les  sabotages  effectués  par  les  F.T.P.F.  sur  l'usine
           de  Chedde,  et  de  nous  montrer  leurs  résultats.  Dans  l'hiver
           1943-1944  un  de  mes  amis,  bien  placé  pour  le  savoir,  me
           disait  que  f.es  multiples  sabotaf!,es  et  destructions,  minimes
           cependant  pour  la  plupart,  qui  avaient  été  répétés  sur  les
           installations  électriques  des  Alpes,  avaient  abaissé  la  pro-
           duction  d' énerrtie  électrique  de  50 % . C'était,  presque  entihe-
           ment,  l'œuvre  des  Francs-Tireurs  et  Partisans.
              Une  œuvre  qui  n'était,  pourtant,  f;Uère  encouragée  .1  f,\
           l'annexe  !,  vous  lirez  dans  ce  livre  quelques  chiffres  concer-
           nant  les  ressources  financières  des  meilleurs  des  patriotes.
           Il  est  malheureusement  vrai  que,  pour  la  France  entière,  les
           milliards  du  B.C.R.A.  se  sont  en  grande  partie  égarés  et  ne
           sont  guère  arrivés  jusqu'au  peuple  qui  se  battait.  Il  est  mal-
           heureusement  vrai  que,  jusque  dans  la  neige,  des  Francs-
           Tireurs  ont  dû  se  battre,  comme  les  soldats  de  l'an  Il,  sans
           chaussures  et  sans  vivres.  Il  est  malheureusement  vrai  que
           beaucoup  d'entre  eux  ont  péri,  faute  d'armement  suf.f isant,
           alors  que,  tout  à  côté,  d'autres  organisations  de  résistance,
           qui  pratiquaient  l'attentisme  mortel,  avaient  en  dépôt  des

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