Page 6 - Coeurs Vaillants Num 05
P. 6

6
              VOIR A L'INTÉRIEUR DU CERVEAU
       Le mercredi 5 décembre, l'équipe de neuro-chirurgie de
     l'hôpital Foch, à Suresnes, a présenté à la presse un petit film
     en couleurs. Ce film était bien particulier : il avait été pris dans
     le cerveau !
       Ces vues avaient pu être prises grâce à un nouvel appareil,
     le ventriculoscope. Cet appareil sert à éclairer et à filmer
     l’inténeur du cerveau. Pour le descendre, les médecins pra­
     tiquent, à l'aide d'une petite scie spéciale, un trou de 18 mm
     de diamètre dans la boîte crânienne. Ensuite, ils peuvent
     constater la lésion dont souffre le patient.
       De nombreux malades ne pouvaient pas être soignés jusqu'à
      maintenant, car on ne savait pas exactement de quoi ils souf­
     fraient. Les signes extérieurs ne donnaient pas assez de
      renseignements. Grâce à cet appareil, deux opérations ont
      déjà été couronnées de succès. Un jeune garçon qui avait le
      crâne gigantesque a pu être guéri après une opération d'un
      quart d'heure seulement. La cause de la maladie était simple :
      l'ouverture par où s’écoule habituellement le liquide céphalo­
      rachidien n'existait pas. On l'a percé. Le jeune garçon est
      guéri. Le second cas est aussi simple : un homme souf­
      frait pour une cause inconnue. L'emploi du ventriculo­
      scope. a permis de déceler une tumeur qui fut aussitôt
      extraite.




         UNE OPÉRATION SANS NOM
         En septembre 1962, les médecins
       américains annoncèrent une grande
       nouvelle stupéfiante : ils venaient de
       ressouder un bras complètement déta­
       ché du tronc. Or, il se trouvait que la
       même opération avait été réussie en
       France plusieurs mois auparavant. Le
       corps médical français n'avait pas jugé
       bon d’en parler, c’est tout. Cela s’était
       passé dans une petite ville à 22 km de
       Dijon.
         Un chauffeur, Alain Vachey, a été
       écrasé sous la charge de son camion.
       Le bras est coupé, à l'exception de
       quelques nerfs... A l’hôpital de Dijon
       où il est transporté, c’est le Dr Auêche
       qui est de garde. Logiquement, il doit
       terminer ce que l'accident a commencé
       et amputer.
         Mais il veut tenter l'impossible. Il
       commence à raccrocher les principaux
       vaisseaux sanguins. Cela lui deman­
       dera cinq heures de travail acharné.                                                                      ■
         Trois semaines plus tard, il s’attelle
       à la restauration de l'os fracturé. Pour              FAIRE RECULER LA SOUFFRANCE !
       cela, il fait une greffe d’un morceau de   J’ai reçu il y a quelques jours une lettre magnifique. C'est un jeune gars de
       tibia.                                   treize ans, Yvon, qui me parle de ses projets d’avenir. « Plus tard, je veux
         Deux mois plus tard, Alain Vachey      être médecin, comme papa. Je trouve que c'est merveilleux de faire reculer
       sort de l’hôpital avec son bras bien     la souffrance ! »
                                                 Yvon a compris le sens de la profession médicale. Il a raison ; c’est magni­
       accroché. Il lui faut un long travail de   fique de s’engager devant Dieu pour soulager la souffrance humaine, pour
        rééducation pour qu’il puisse s’en      guérir, pour sauver.
        servir. Pas tout à fait comme auparavant,   Lorsqu'il rencontrait des malades, le Christ ne les renvoyait pas avec de
        mais il s'en moque...                   bonnes paroles en leur prêchant une résignation trop facile ou en leur disant
                                                de prendre leur mal en patience. Il n’est jamais resté insensible devant la
                                                souffrance des autres ! « Je le veux, sois guéri ! » « Prends ton grabat
                                                et retourne chez toi ! » « Lève-toi et marche ! » Il veut aider chaque malade,
                                                chaque infirme à devenir vraiment l'homme qu’il doit être dans le plan de
                                                Dieu.
                                                 C’est à cette œuvre magnifique qu’Yvon sera associé. Il soulagera les
                                                malades. Il les aidera à retrouver la santé. Il permettra à des handicapés de
                                                se rééduquer et de reprendre une place active dans la société. A travers lui,
                                                le Christ continuera à soulager, à guérir, à encourager ses frères les hommes.
                                                 Un sage musulman affirme : «Quand tu es malade, prie le Seigneur, mais
                                                va aussi chercher le médecin, car Dieu lui a donné l'intelligence nécessaire
                                                pour soulager ta souffrance ! »
                                                 Dieu a donné aux médecins l’intelligence nécessaire pour apporter remède
                                                aux maladies des hommes. Il leur a donné un cœur capable de comprendre
                                                leurs frères, de les aider et de les servir, même lorsque ce service impose
                                                des sacrifices.
                                                                                             François LORRAIN.
   1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11