Page 3 - aux armes_4
P. 3
oldats de la 14e Région, soldats du front des Alpes, soldats du
territoire je vous salue.
Elevons ensemble pieusement nos cœurs vers l’âme de nos
camarades morts pour la France.
Souvenons-nous de leur grandeur et jurons ensemble une fois encore
de nous montrer dignes de leur sacrifice.
L’héroïque année s’achève ; malgré nos douleurs elle laisse en nous
une joie ineffaçable, une joie amère, certes, mais plus forte et plus belle
dans son amertume que tous les plaisirs de la terre.
Ne l'oubliez pas, cette joie de l'hércïsme et du sacrifice qui, une fois,
a traversé votre vie.
Et puisque c’est le temps des vœux, je n’en formulerai point d’autre
que celui-ci : qu’il vous soit donné dans l’année qui vient comme dans celles
qui suivront de vous tenir toujours prêts à répondre généreusement à l’appej
de la vérité pour défendre les hommes et votre patrie. Méprisez donc les
bas plaisirs et qu’un bonheur puisé aux sources de la liberté, celui que
vous connûtes dans la Résistance, éclaire toute votre vie d’une lumière
ardente.
Elles brûlent, certes, les âmes qui sont conduites par un tel amour
de l’héroïsme ! Les douleurs ne leur sont point épargnées. Pour elles jamais
ne cesse le combat. Après la guerre c’est encore la guerre, celle qu’on
dirige contre soi-même pour abattre les puissances mauvaises, le mensonge,
l’avarice, l'égoïsme, toutes les bassesses qui périodiquement conduisent les
hommes à se maudire et à s’exterminer.
Mais si les âmes nobles se consument courageusement dans bette
lutte qu’est la vie, il n'est pas de plus haute sagesse ni de bonheur plus
certain que celui qu elles atteignent. Vous avez connu ce bonheur, encore
une fois ; vous savez qu’il naissait de vos sacrifices. Je vous souhaite d’être
demain et toujours comme vous avez été hier au temps de la Résistance :
fiers, libres et détachés de vous-mêmes : heureux.
Le Colonel DESCOUR
Gouverneur Militaire de Lyon
Commandant la XIVe Région