Page 11 - Historique du 7ieme bataillon Chasseurs Alpins
P. 11

LETTRE  DU  GENERAL  GOUBEAU











                    Mon  cher Commandant,


               Vous  demandez  au  chef  qui  eut  l'insigne  honneur  de conduire
           Le  7•  Bataillon  de  Chasseurs  Alpins  au  feu  pour  la  première  fois
           d'adjoindre  une  préface  à  son  historique.  Qu'ajouterai-je  au  subs-
           tantiel résumé des  faits de guerre de notre Bataillon,  sinon le  simple
           et-f'f!spectueux  hommage  d'un  survivant à  ceux  qui  sont  tombés  et
           l'acte de foi  d'un  croyant dans les  destinées de la  Patrie.
               L'historique  que  vous  proposez  au  lecteur  sera  comme  un  ma-
           nuel des 1Jertus  militaires  par  lesquelles  la  France  a  vaincu.  L' his-
           toire,  reprenant les  faits,  les  analysera  et  les  comparera  pour  mettre
           chacun en son relief.
               Pour  moi,  la  lecture  de  ces  pages  où  se  condense  la  chronique
           de 4  années de guene évoque  avec  une  précision  saisissante les  sou-
           'venirs  des  premières  journées  du  grand  drame  et  il m'apparaît  que
           si le souffle desséchant du doute nous effleurait,  plus encore qu'aux
           heures  glorieuses  de  I9I8,  c'est  à  ces  journées  qu'il  faudrait  se
           reporter  pour  qu'il  se  dissipe,  Elles  demeurent  dans  ma  mémoire
           vibrantes  et  splendides  comme  la  lumière  d'été  d'es  Montagnes  de
           Provence  où  elles  furent  vécues;  elles  ont  confirmé  ma  foi  dans  la
           victoire.
               Parti  de  Draguignan  pour  ses  marches  annuelles  1e  I 2  juin
           19I4,  le  7°  B.  C.  A.  avait  successivement  exécuté  ses  tirs  de  guerre
           au  l  irque  de  F errisson,  près  de  Saint-Martin  de  T/ ésubie,  et  pris
           part  à  des  manœU'vres  dans  la  région  du  Mont  Ventoux.  A près
           avoir  parcouru  près  de  700  kilomètres,  il  arrivait  le  27  juillet  à
           Annot,  dans  les  Basses-Alpes,  pour  y  prendre  quelques  jours  de
           repos avant de repartir  pour  la  région de  Grasse,  où  des  manœuvres
           devaient avoir lieu  en  présence du  Président de la  République.
               Dans l'après-midi du 27 arrivait un télégramme qui ne  put être
   6   7   8   9   10   11   12   13   14   15   16