Page 8 - Histoire de France essentielle
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Lectures.                               TEMPS PRÉHISTORIQUES.

                          i,e Lecture. — L'homme antique.
                Assis dans son fauteuil, devant son bureau, mon père examinait
              depuis quelques instants une espèce de petit os pointu d’un bout et
              tout fruste de l’autre. Il le roulait dans ses doigts; et certainement il
              le roulait aussi dans sa pensée.
                « Voici, dit-il, la dent d’un homme qui vécut au temps du mam­
              mouth, pendant l’âge des glaces, dans une caverne nue et désolée. Il
              ne connaissait que la peur et la faim. Il ressemblait à une bête. Son
              front était déprimé. Les muscles de ses sourcils formaient en se con­
              tractant de hideuses rides; ses mâchoires faisaient sur sa face une
              énorme saillie; ses dents avançaient hors de sa bouche. Voyez comme
              celle-ci est longue et pointue.
                « Telle fut la première humanité. Mais insensiblement, par de lents
              et magnifiques efforts, les hommes, devenus moins misérables, de­
              vinrent moins féroces; leurs organes se modifièrent par l’usage. L'habi­
              tude de la pensée développa le cerveau, et le front s’agrandit. Les
              dents, qui ne s’exerçaient plus à déchirer la chair crue, poussèrent
              moins longues dans la mâchoire moins forte. La face humaine prit
              une beauté sublime et le sourire naquit sur ses lèvres.
                « Vieil homme, dont voici la rude et farouche relique, ton souvenir
              me remue dans le plus profond de mon être; je te respecte et je
              t’aime, ô mon aïeul... Tu vécus misérable; lu ne vécus pas en vain, et
              la vie que tu avais reçue si affreuse, tu la transmis un peu moins
              mauvaise à tes enfants. Ils travaillèrent à leur tour à la rendre meil­
              leure. Tous, ils ont mis la main aux arts : l’un inventa la meule,
              l’autre la roue. Ils se sont tous ingéniés, et l’effort continu de tant
              d’esprits à travers les âges a produit les merveilles qui maintenant
              embellissent la vie. »             (Anatole France.)

                    2e Lecture.— Portrait et mœurs des Gaulois.
                Les Gaulois sont de grande taille, ont la peau blanche et les che­
              veux blonds. Quelques-uns se coupent la barbe, cl d’autres la laissent
                                                         croître modé-
                                                         rément ; mais
                                                         les nobles se
                                                         rasent les joues
                                                         et laissent
                                                         pousser les
                                                          moustaches,de
                                                         manière qu’el­
                                                          les leur cou­
                  Fig. 2. — Bijou, monnaie et poteries (époque des Gaulois).   vrent la bou-
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