Page 6 - Au pays bleu
P. 6

PIU;FACE





                Présenter  un  ouvrage  est  toujours  chose  délicate.  Le
            reproèh~ d'indiscrétion  est le  moindre qu'on  encoure.  Et si,
            comme  à  présent, le  livre  est  d'un ami, la cr~inte  s'éveille
           en soi  de trahir  une  pensée chère.
                On voudra bien nous pardonner·de dire simplement notre
           joie de  lecteur.  Uire  joie  pareillè  ne  mangùera pas de  ~'épa-
           nouir chez  les  petits  lecteurs de  nos écoles.  Les pages. que
           voici  sont faite~  pour  ~ux, -exactement.  Elles  leur apportent
           ce  que  beaucoup  d'éducateurs  attendaien:t  el espéraient, ces
           dernières -années, l,e  roman d'une  enfance, . d'ùne  enfance de
           chez  nous, simple  et prenant,  tour  à  tour souriant et douce-
           ment ému, sans  outrances  comme sans  mièvrerie,  un  roman
           v_rai,  tout  pareil  à  celui que  tissèrent,  jour après jour, leurs
           premières  années.                                ·
               Peu  importe  au  fond  qu'ils  aient  vécu  près  ou loin  du
           pays  de  Provence  que  l'auteùr évoque. ovec  amour,: du  pays
           enchanté  où les _collines se parfument  de thym et de lavande,
           04  tout au bord  la mer, d'un bleu  profond, cerne  les roches
           fauves,  où  clans  la  douceur  des  nuits  le peuple brillant des
           . étoiles veille  sur le sommeil calme  d~s villages et des  cités.
              ·  A défaut  peut-être  de  l'horizon  natal,  ce  qu'ils  aimeront
           dans ce livr~  c'est toute la fraiche  saveur  de leur  propre vie
           si~ple et mesurée, toute la  pureté  transporente _de leurs pre-
           mières émotions. Les personnages que clïaque kcture dessine,
           le eapa  grave  et  fort,  qu'accompagne  une  bonne  odeur  de
           résme  e.t  de  copeaux,  la  tendre  maman  dont  les  chansons
           vi\res  font penser aux oiseaux, au · soleil  dû matin, et Louise,
           la compagne. des  premiers jours, ,et Albert,  l'ami _généreux,
           et tous ceux enfin que .notre petit Edoua_rd ne sait pas séparer
           de lui-même, il!! en verront les répliques vivantes autour d'eux.
           Après  un léger effort  de · transposition,  ils  retrouveront bien
           vite  d·es  choses  fâmilières  :  le  ruisseau  qui  chuchote  dans
           le pré,  le jardin aux  allées fleuries, la  maison  modeste  et si
           johe  pourtant  avec  s~  terrasse  qu'une  treille  ombrage,  et
                                     _ ·7  -
   1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11