Page 6 - Coeurs Vaillants Num 35
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LE PEAU-ROUGE DU VÉSINET
(suite)
LE MAITRE DANS SON TIPI
— C’est en 1934 que cette passion m’est venue. Je faisais
du camping avec ma femme et des amis. Cette vie au grand
air m’a amené à m’intéresser à l’existence des peuples
nomades. Tout de suite, les Peaux-Rouges m’ont attiré. J’ai
reçu des États d’Amérique quelques objets qui ont été les
tout premiers de ma collection. Ils m’ont incité à poursuivre
et à étendre mes recherches. J’ai étudié à fond la question,
j’ai lu de nombreux livres et magazines. Ainsi je me suis
familiarisé avec la vie de l’Ouest. Bien entendu, je m’intéresse
aux Visages Pâles. Mais l’existence des tribus indiennes me
passionne.
Il faut reconnaître que la collection de M. Maurice Des-
rumeaux est de qualité. Elle comprend plus d’un millier de
pièces différentes depuis la pointe de flèche en silex taillé
jusqu’au War-Bonnet d’un chef Sioux Hunkpapa. Il possède
de magnifiques mocassins et une collection variée de calumets.
Les arcs et les casse-têtes voisinent avec de splendides revol
vers Colt et Smith And Wesson que leur propriétaire considère
comme les pièces maîtresses de sa collection.
Nombreux sont les visiteurs qui frappent à la porte de
M. Maurice Desrumeaux. Un jour, ce sont quelques garçons
hardis auxquels, tout en faisant les honneurs de son musée,
le maître de céans conte d’étonnantes histoires indiennes.
M. Maurice Desrumeaux a une profonde érudition et d’un
seul coup d’œil il peut reconnaître un mocassin Cheyenne
d’un autre Arapahoe, un buckskin Pawnie d’une veste de
cuir Crow.
Et lorsqu’un matin il reçut dans son tipi du Vésinet un
authentique chef Sioux du Montana Black Elk, qui n’était
autre que le descendant du fameux chef Crazy Horse et qui
lui-même fut le conseiller indien du film en Cinérama « La
Conquête de l’Ouest », il étonna son lointain visiteur par ses
merveilles et aussi par ses connaissances.
M. Maurice Desrumeaux, qui parfois collabore à des films
tant pour le cinéma que pour la télévision, s’occupe aujour
d’hui d’antiquité et travaille particulièrement pour des clients
américains. Cela lui permet de parfaire sa collection. De temps
à autre, il reçoit du Wyoming ou du Texas un volumineux
paquet. Fébrilement, il l’ouvre et il en sort quelques poteries
anciennes provenant d’une caverne ou bien encore des
bijoux aux pierres multicolores et aux signes rituels.
Inutile de vous préciser que M. Maurice Desrumeaux est
un cavalier habile et qu’il possède, bien entendu, une remar
quable collection de selles Western ; mais sa passion pour
l’Ouest ne s’arrête pas là. Il connaît certaines danses peaux-
rouges. Il sait les commenter et en expliquer chaque geste.
Il lui arrive parfois, transformé en Sioux, d’exécuter des
ensembles. Sa femme et sa fille lui donnent la réplique ainsi
que quelques amis qu’il a lui-même initiés à ces rythmes
étranges !
George FRONVAL.
Photos ISKENDER.